D’après l’expérience de Yanis BELHAJ, fondateur de Place des Aînés.
Mis à jour le 20 octobre 2026 par l’équipe Place des Aînés, sous la responsabilité de Yanis BELHAJ, fondateur.
Non, un parent qui peut exprimer sa volonté ne peut pas être obligé d’entrer en maison de retraite : la loi impose de rechercher son consentement, et le lien familial ne donne pas, à lui seul, le droit de signer à sa place. Le juge garde ses pouvoirs dans le cadre d’une mesure de protection. Pour faire avancer la situation, commencez par lui demander ce qu’il veut garder, puis proposez-lui un essai.
Le résumé en 2 minutes
- Tant que votre parent peut exprimer sa volonté, son consentement à l’entrée en EHPAD (maison de retraite médicalisée) est recherché, et il peut refuser de signer.
- Après la signature du contrat de séjour, il dispose de quinze jours pour se rétracter par écrit, sans préavis.
- Sous tutelle ou sous curatelle, la personne protégée choisit son lieu de résidence ; en cas de difficulté, le juge ou le conseil de famille statue.
- Un déjeuner sur place, un accueil de jour ou un hébergement temporaire permettent d’essayer sans rien décider.
- Si votre parent se met en danger, parlez-en d’abord à son médecin traitant ; une mesure de protection se demande au juge.
Ce que dit la loi : le consentement de votre parent
Le Code de l’action sociale et des familles assure à toute personne accueillie et accompagnée par un établissement ou un service social ou médico-social le libre choix entre les prestations adaptées, à domicile ou en établissement. Il prévoit aussi que son consentement éclairé soit systématiquement recherché lorsqu’elle est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision.
Au moment de signer le contrat de séjour, le directeur de l’établissement, ou la personne qu’il désigne, a un entretien avec votre parent pour rechercher son consentement. Votre parent peut donc refuser de signer. Il peut s’y faire accompagner de sa personne de confiance (la personne qu’il a désignée pour l’accompagner), s’il en a une. S’il signe, il dispose de quinze jours après la signature, ou après son admission si elle est postérieure, pour se rétracter par écrit, sans préavis.
Ni les enfants, ni le conjoint, ni la personne de confiance ne tiennent de leur seul lien avec lui le droit de décider à sa place. Il faut pour cela une base légale ou une décision du juge, par exemple une tutelle ou une habilitation familiale (une mesure par laquelle le juge habilite un proche à représenter ou à assister la personne). Nous détaillons ces règles dans qui peut donner son consentement pour une admission en maison de retraite.
Sous tutelle ou sous curatelle. Selon les fiches officielles sur la tutelle et la curatelle, la personne protégée choisit le lieu de sa résidence. L’article 459-2 du Code civil précise qu’en cas de difficulté, le juge, ou le conseil de famille s’il a été constitué, statue. Sous curatelle, le majeur est assisté par un curateur. Pour ce qui touche à la personne elle-même, une représentation suppose une tutelle ou une habilitation familiale, et l’autorisation du juge (article 459 du Code civil). Si elle a été autorisée et que la personne n’est plus apte à exprimer sa volonté, le consentement de la personne chargée de la mesure est recherché, en tenant compte de l’avis de la personne protégée.
Commencez par lui demander ce qu’il veut
La question posée avant tout le reste à quelqu’un qui cherche un établissement pour un proche : « avez-vous demandé à votre mère ce qu’elle voulait ? » Et là, il y a un blanc.
En août 2026, une femme appelle pour un EHPAD pour sa mère. Sa mère marchait, cuisinait, sortait. Elle voulait ne plus être seule. Visite d’une résidence senior, c’était le bon endroit.
Avant de chercher à convaincre, notez ce dont votre parent a besoin : une présence, une aide pour la toilette, de la sécurité la nuit, un logement sans escalier. À chaque besoin correspond une réponse, et l’EHPAD en est une parmi d’autres. Nous passons les autres en revue dans que faire quand un parent âgé ne peut plus rester seul chez lui.
Ce que le « non » veut dire
Le plus dur dans tout ça, c’est le changement et l’inconnu. La peur de l’inconnu. Perdre sa maison, ses habitudes, ses visites régulières.
D’autres raisons peuvent s’y ajouter : ne plus choisir l’heure de son café, craindre de coûter à ses enfants ce que l’on voulait leur laisser. Les peurs fréquentes chez les personnes âgées sont décrites dans les peurs des personnes âgées et comment les rassurer.
Trois phrases qui ferment la porte, trois qui l’ouvrent
Ces phrases se disent en famille, donc au tutoiement. Reprenez-les avec vos mots.
- « Tu ne peux plus rester seul. » La phrase qui l’ouvre : « Je m’inquiète de te savoir seul. Qu’est-ce qui t’aiderait ? ». Ce que fait la seconde : Elle part de votre inquiétude et laisse la réponse à votre parent.
- « On n’a plus le choix. » La phrase qui l’ouvre : « Rien n’est décidé. Je voudrais d’abord savoir ce que tu veux garder. ». Ce que fait la seconde : Elle lui rend sa place dans la décision.
- « Tu verras, tu seras bien là-bas. » La phrase qui l’ouvre : « On peut aller déjeuner sur place un jour, et tu me diras ce que tu en penses. ». Ce que fait la seconde : Elle propose une étape, que votre parent peut refuser.
Repères pour la conversation :
- Choisissez le moment. Pas à l’hôpital, pas le jour d’une chute, pas lors d’un repas de famille.
- Faites intervenir une autre voix. Son médecin traitant, une amie déjà installée en résidence, un petit-enfant.
Pour en parler avec une personne de Place des Aînés, appelez le 07 83 59 98 25 ou décrivez la situation de votre parent sur notre formulaire famille.
Les étapes avant la maison de retraite
Pour cela il existe des solutions. Un déjeuner sur place, une journée d’accueil de jour, quelques semaines d’hébergement temporaire. De quoi se faire sa propre idée.
- Plus d’aide à la maison Ce que c’est : Quelques heures d’aide à domicile, des repas portés, une téléassistance, un logement adapté. Pour en savoir plus : Trouver une aide à domicile
- L’accueil de jour Ce que c’est : Une ou plusieurs journées par semaine dans une structure (certains accueils proposent la demi-journée), en continuant d’habiter chez soi ; il s’adresse principalement aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées, et accueille aussi des personnes en perte d’autonomie physique. Pour en savoir plus : Hébergement temporaire et accueil de jour
- L’hébergement temporaire Ce que c’est : Un séjour de courte durée dans un établissement ; l’administration le présente comme une première étape possible avant une entrée définitive. Pour en savoir plus : Court séjour et répit
- La résidence senior ou la résidence autonomie Ce que c’est : Un logement individuel, avec des espaces communs. Pour en savoir plus : Résidences seniors en Île-de-France
L’allocation personnalisée d’autonomie (APA), versée par le département, peut couvrir une partie de l’accueil de jour et de l’hébergement temporaire pour les personnes dont la perte d’autonomie est évaluée en GIR 1 à 4 (les quatre niveaux les plus importants de la grille AGGIR). Le simulateur de budget donne un ordre d’idée des aides et du reste à charge.
Les établissements d’Île-de-France se parcourent sur notre carte. Nous regardons la situation avant de proposer un lieu. Nous n’envoyons une famille à un établissement que si son budget et ses critères correspondent. Quand votre parent accepte de visiter, les pièces à réunir sont listées sur notre page dossier d’admission en EHPAD. Si vous êtes vous-même à bout, lisez accompagner un parent âgé sans s’épuiser et la page vos droits d’aidant.
Quand le refus met votre parent en danger
Il arrive que le temps manque : chutes répétées, dénutrition, gaz laissé ouvert, discernement qui semble altéré. Parlez-en d’abord à son médecin traitant.
Une mesure de protection (tutelle, curatelle) ou une habilitation familiale peut alors être demandée au juge des contentieux de la protection, qui exerce les missions de juge des tutelles. La demande doit être accompagnée d’un certificat médical circonstancié. Il est établi par un médecin spécialisé inscrit sur une liste du procureur de la République, et non par le médecin traitant. Le greffe du tribunal ou un avocat peut vous renseigner.
En cas d’urgence vitale, alertez les secours sans attendre. Si vous craignez une maltraitance grave, les autorités administratives à alerter sont le conseil départemental et l’agence régionale de santé ; en cas de danger immédiat, le signalement est transmis au procureur de la République.
Questions fréquentes
Peut-on obliger un parent à aller en maison de retraite ?
Non, tant qu’il peut exprimer sa volonté, sauf décision du juge dans le cadre d’une mesure de protection. Son consentement est recherché, il peut refuser de signer le contrat de séjour, et s’il signe, il dispose de quinze jours pour se rétracter par écrit, sans préavis.
Mon père refuse l’EHPAD alors qu’il tombe régulièrement. Que faire ?
Parlez-en à son médecin traitant. Une aide à domicile plus présente, la téléassistance, un accueil de jour ou un séjour temporaire sont des solutions à étudier avec lui. Si son discernement est altéré et qu’il se met en danger, une mesure de protection peut être demandée au juge.
Un tuteur ou un curateur peut-il décider de l’entrée en EHPAD à la place de mon parent ?
Pas de sa seule décision : la personne protégée choisit son lieu de résidence, pour la tutelle comme pour la curatelle, et en cas de difficulté le juge ou le conseil de famille, s’il en existe un, statue. Une représentation pour ce qui touche à la personne elle-même suppose l’autorisation du juge. Quand elle existe et que la personne n’est plus apte à exprimer sa volonté, le consentement de la personne chargée de la mesure est recherché, en tenant compte de son avis.
Comment aborder le sujet avec un parent atteint de la maladie d’Alzheimer ?
Avec son médecin traitant et, si possible, l’équipe de la consultation mémoire qui le suit. La loi parle d’une personne apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision. Si ce n’est plus le cas, le greffe du tribunal est l’interlocuteur pour une mesure de protection.
Un séjour d’essai en maison de retraite est-il possible ?
Oui, l’hébergement temporaire existe pour cela : l’administration le présente comme une première étape possible avant une entrée définitive. Les places dépendent de chaque établissement. Notre page court séjour et répit explique le fonctionnement, et le formulaire famille permet de demander un accompagnement.
Sources
Pages consultées le 12/10/2026.
- Service-Public, fiches « Tutelle d’un majeur » (datée du 7 juillet 2026), « Curatelle d’une personne majeure » (29 juillet 2026), « Maltraitance sur une personne âgée » (6 mars 2026).
- Service-Public, fiches « Tutelle, curatelle, habilitation familiale, sauvegarde de justice : comment obtenir le certificat médical ? » (13 mars 2026) et « Requête en vue d’une protection juridique d’un majeur » (12 juin 2026).
- Portail national pour les personnes âgées (CNSA), pages « Le contrat de séjour en EHPAD » (mise à jour le 21/11/2024), « L’hébergement temporaire : ce qu’il faut savoir » (20/01/2025), « Les aides en accueil de jour » (12/01/2026) et « Aller à l’accueil de jour ».
- Légifrance, Code de l’action sociale et des familles, articles L311-3, L311-4 et L311-4-1 (en vigueur depuis le 10/04/2024), et Code civil, articles 459 (en vigueur depuis le 25/03/2019), 459-2 (en vigueur depuis le 01/01/2009) et 494-1 (en vigueur depuis le 25/03/2019).
Contact : 07 83 59 98 25, ou décrivez votre situation sur notre formulaire famille.
