Hébergement temporaire, accueil de jour : comment souffler quand on aide un parent ?

Hébergement temporaire, accueil de jour, relais à domicile : les solutions de répit pour les aidants, leur financement et vos droits en 2026.

Hébergement temporaire, accueil de jour : comment souffler quand on aide un parent ?

D’après l’expérience de Yanis BELHAJ, fondateur de Place des Aînés. Mis à jour le 20 septembre 2026.

Trois solutions permettent à un aidant de souffler sans que son parent quitte définitivement son domicile. L’hébergement temporaire accueille votre proche quelques jours ou quelques semaines dans un établissement. L’accueil de jour le reçoit une à plusieurs journées par semaine. Le relais à domicile fait venir un professionnel chez lui pendant votre absence. Les trois peuvent être financés par l’APA, à laquelle peut s’ajouter, sous conditions, une aide au répit allant jusqu’à 583,52 € par an en 2026.

En 2021, 9,3 millions de personnes en France aidaient régulièrement un proche, selon la DREES. Entre 55 et 64 ans, c’est une personne sur quatre. Les aidants qui nous appellent le font pour leur parent, rarement pour eux-mêmes. La question de leur propre fatigue vient après, quand elle vient.

1. L’hébergement temporaire : quelques jours ou quelques semaines

Votre proche s’installe pour une durée courte dans un EHPAD, une résidence autonomie, une résidence senior ou chez un accueillant familial. Il y a sa chambre, prend ses repas avec les autres, bénéficie des soins si l’établissement est médicalisé, puis il rentre chez lui.

On y a recours dans quatre situations : vous partez ou vous êtes hospitalisé, votre proche sort de l’hôpital et ne peut pas rentrer tout de suite, il traverse une période difficile comme un deuil, ou son logement est en travaux.

Le prix. C’est celui de l’établissement, à la journée. L’annuaire officiel de pour-les-personnes-agees.gouv.fr liste les places d’hébergement temporaire en maison de retraite, avec leurs tarifs.

La durée. Les textes nationaux ne fixent pas de plafond pour les personnes âgées. Ce sont les financements qui en fixent un : la Ville de Paris, par exemple, prend en charge trois mois par année civile au titre de l’aide sociale.

Les aides. L’APA à domicile peut inclure tout ou partie du séjour dans le plan d’aide. Quand le plafond du plan est atteint, l’aide au répit ajoute jusqu’à 583,52 € par an. Dans un établissement habilité, l’aide sociale peut intervenir sous conditions. Les caisses de retraite et certaines mutuelles complètent parfois.

Un usage que peu de familles connaissent : l’essai. Un séjour de deux semaines permet à un parent qui refuse l’idée d’une maison de retraite de voir à quoi ressemble une journée, sans rien décider.

2. L’accueil de jour : une à plusieurs journées par semaine

L’accueil de jour reçoit des personnes qui vivent chez elles, le plus souvent atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée, mais aussi des personnes en perte d’autonomie physique. Il se trouve dans un centre dédié ou au sein d’un EHPAD.

La journée suit un rythme : accueil le matin, activités qui sollicitent la mémoire, le corps et les sens, déjeuner pris ensemble, temps calme, retour en fin d’après-midi. Pour votre proche, c’est une vie sociale retrouvée. Pour vous, ce sont des journées entières, prévisibles, où vous pouvez travailler, dormir ou ne rien faire.

Le transport. Soit la structure l’organise, soit un forfait transport vous est versé ou déduit du tarif, dans la limite d’un plafond annuel.

Le prix et les aides. Le tarif journalier est arrêté chaque année par le département. L’APA à domicile peut le couvrir en tout ou partie, et l’aide au répit s’y applique aussi. C’est au moment de l’évaluation pour l’APA qu’il faut en parler : l’accueil de jour doit figurer dans le plan d’aide.

3. Le relais à domicile : quelqu’un vient chez votre parent

Un professionnel vous remplace à la maison pendant votre absence, en journée, la nuit, ou vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Votre proche garde ses repères, ce qui compte beaucoup pour une personne désorientée.

Longtemps resté à l’état d’expérimentation, ce relais de longue durée, que l’on appelle aussi relayage ou baluchonnage, a été inscrit dans la loi fin 2024. Un décret du 19 août 2025 permet désormais à un même professionnel de rester jusqu’à six jours de suite auprès d’une personne qui présente des troubles cognitifs ou du comportement. Les structures sont retenues par appel à candidatures : l’offre se met en place, elle n’existe pas encore partout.

Pour des relais plus courts, les services d’aide à domicile classiques interviennent déjà, et l’APA peut les financer. Vous pouvez chercher une aide à domicile en Île-de-France sur notre site.

4. Après une hospitalisation : trente jours pour organiser la suite

Quand un parent âgé sort de l’hôpital sans pouvoir rentrer chez lui tout de suite, des places d’hébergement temporaire en sortie d’hospitalisation existent dans certains EHPAD. Le séjour dure trente jours au plus, et ce qui reste à payer est plafonné au niveau du forfait hospitalier, le reste étant financé par l’agence régionale de santé.

En Île-de-France, l’ARS indique financer 220 places dans 38 établissements, hors Seine-et-Marne. On n’y entre pas en appelant soi-même : c’est le service hospitalier, l’assistante sociale de l’hôpital ou la filière gériatrique qui oriente. La bonne démarche est donc de poser la question à l’assistante sociale dès que la date de sortie est évoquée, pas la veille.

Ces trente jours servent à organiser le retour à la maison avec des aides, ou à chercher un lieu de vie sans le faire dans la panique.

5. Vos droits à vous, l’aidant

  • Le droit au répit. Si votre proche touche l’APA et que votre présence lui est indispensable, son plan d’aide peut être majoré jusqu’à 583,52 € par an en 2026 pour financer un accueil de jour, un hébergement temporaire ou un relais.
  • Si vous êtes hospitalisé. Une majoration ponctuelle, jusqu’à 1 159,32 € en 2026, finance la prise en charge de votre proche pendant votre hospitalisation. Pour une opération programmée, la demande se fait au département au moins un mois avant.
  • Le congé de proche aidant. Trois mois, renouvelables dans la limite d’un an sur toute la carrière, si votre proche est en GIR 1 à 4 ou a un taux d’incapacité d’au moins 80 %. Il peut être pris par périodes ou à temps partiel avec l’accord de l’employeur.
  • L’allocation journalière du proche aidant. Elle indemnise ce congé : 66,64 € par jour en 2026, dans la limite de 66 jours par proche accompagné, versés par la CAF ou la MSA.
  • Les plateformes d’accompagnement et de répit. Elles écoutent, conseillent, forment et orientent les aidants. L’information y est gratuite. L’annuaire officiel les recense par département.

La fatigue de l’aidant n’est pas un sujet secondaire : c’est souvent elle qui précipite une entrée en établissement dans l’urgence. Nous y avons consacré un article, comment accompagner un parent âgé sans s’épuiser.

Ce que Place des Aînés peut faire pour vous

Place des Aînés accompagne gratuitement les familles d’Île-de-France qui cherchent un lieu de vie pour un proche âgé. Si vous cherchez un hébergement temporaire, nous regardons avec vous quels établissements en proposent dans votre secteur et à quel tarif. La question se pose directement à chaque maison de retraite, par exemple au Domaine de la Chalouette, à Morigny-Champigny (91), aux Roses, à Pontault-Combault (77) ou aux Tisserins, à Évry-Courcouronnes (91). La décision reste la vôtre et celle de votre proche.

Contact : 07.83.59.98.25, ou décrivez votre situation en quelques minutes sur notre formulaire famille.

Questions fréquentes

Comment faire accueillir mon parent quelques jours pour partir en vacances ?

Par un hébergement temporaire, en maison de retraite, en résidence ou chez un accueillant familial. Réservez plusieurs semaines à l’avance, surtout pour l’été. L’annuaire officiel liste les places et les tarifs. Si votre parent touche l’APA, signalez le projet au département pour qu’il entre dans le plan d’aide.

Combien coûte un hébergement temporaire en EHPAD ?

Le tarif à la journée de l’établissement, à lire sur l’annuaire officiel. L’APA, l’aide au répit, et dans certains cas l’aide sociale ou la caisse de retraite, en réduisent le coût.

Accueil de jour Alzheimer : qui paie le transport ?

Soit la structure organise elle-même le transport, soit un forfait vous est versé ou déduit du tarif journalier, dans la limite d’un plafond fixé chaque année.

Qu’est-ce que le droit au répit et comment le demander ?

C’est une majoration du plan d’aide APA de votre proche, jusqu’à 583,52 € par an en 2026, quand votre présence lui est indispensable et que son plan est déjà au plafond. Elle se demande au département, lors de l’évaluation ou d’une révision du plan.

Peut-on être indemnisé quand on arrête de travailler pour aider un parent ?

Oui, en partie. Le congé de proche aidant ouvre droit à l’allocation journalière du proche aidant : 66,64 € par jour en 2026, pendant 66 jours au plus par personne aidée. La demande se fait auprès de la CAF ou de la MSA.

Sources : pour-les-personnes-agees.gouv.fr · service-public.gouv.fr · DREES, Études et Résultats n° 1255 (2023) · décret n° 2025-827 du 19 août 2025 · ARS Île-de-France · Ville de Paris.