Qui peut donner son consentement pour une admission en maison de retraite ?

Qui décide réellement de l’entrée en EHPAD ? Consentement, cadre légal, rôle des proches : ce que dit le droit et comment décider en connaissance de cause.

Qui peut donner son consentement pour une admission en maison de retraite ?

D'après l'expérience de Yanis BELHAJ, fondateur de Place des Aînés. Mis à jour le 8 août 2026.

C'est la personne âgée elle-même, tant qu'elle est en mesure de comprendre ce qui lui est proposé et d'exprimer sa volonté. Ni les enfants, ni le conjoint, ni la personne de confiance ne peuvent signer à sa place : seul un représentant légal, tuteur ou curateur, peut le faire lorsqu'une mesure de protection a été prononcée.

C'est la confusion la plus fréquente dans les dossiers que je traite, et elle a des conséquences concrètes, parce qu'une admission en EHPAD signée par la mauvaise personne peut être contestée.

Le principe : le consentement de la personne, recherché avant tout

L'article L.311-3 du Code de l'action sociale et des familles pose le principe : le consentement libre et éclairé doit être recherché avant toute admission en EHPAD ou en maison de retraite.

En pratique, une large majorité des nouveaux résidents sont capables d'exprimer leur choix au moment de l'entrée. Leur accord écrit est alors indispensable, et il ne se délègue pas.

Même en présence de troubles cognitifs légers, la personne doit être informée et associée à la décision. Le médecin, l'assistante sociale ou l'équipe d'accueil apprécient sa capacité à consentir sur trois points : comprendre ce qui est proposé, mesurer les conséquences, exprimer un accord ou un refus.

Quand la personne ne peut plus consentir

Une partie des résidents fait l'objet d'une mesure de tutelle ou de curatelle. C'est alors le représentant légal qui intervient, et lui seul.

Le tuteur signe les documents d'admission au nom de la personne protégée, après avis médical. Le curateur, dans une curatelle renforcée, participe à la décision mais doit continuer à rechercher l'accord de la personne dès que c'est possible.

Dans les deux cas, une obligation demeure : agir dans l'intérêt de la personne protégée et respecter, autant que faire se peut, les souhaits qu'elle a exprimés avant. Les modalités sont détaillées sur service-public.fr.

Famille et personne de confiance : des témoins, pas des décideurs

C'est ici que se logent la plupart des malentendus.

La personne de confiance, désignée par écrit au titre de l'article L.1111-6 du Code de la santé publique, transmet les volontés de la personne lorsque celle-ci ne peut plus s'exprimer. Elle éclaire la décision. Elle ne la prend pas, et n'a aucun pouvoir de signature.

Les proches, enfants, conjoint, frères et sœurs, peuvent être consultés. Leur avis ne remplace jamais un consentement, et aucun d'eux ne détient d'autorité juridique du seul fait du lien familial.

Le cas de l'urgence, celui qui pose problème

Une part importante des admissions se décide dans l'urgence, souvent au décours d'une hospitalisation. Le temps manque, l'équipe hospitalière pousse à la sortie, la famille signe ce qu'on lui présente.

C'est là que les droits sont le plus souvent contournés, sans mauvaise intention de personne. Deux réflexes limitent le risque : demander par écrit qui est juridiquement habilité à signer, et faire mentionner au dossier l'avis exprimé par la personne, même partiel, même hésitant.

Anticiper reste la vraie protection. Une famille qui a visité et constitué son dossier avant l'urgence n'a pas à choisir en quarante-huit heures. Le sujet est repris dans comment accompagner un parent âgé sans s'épuiser.

Un enjeu humain autant que juridique

Derrière ces règles, il y a une idée simple : une personne âgée reste sujet de sa vie, pas objet de protection. Rechercher un vrai consentement, c'est le reconnaître.

Une part significative des familles déclare ressentir une contrainte lors de l'admission. Accompagner, informer et échanger, plutôt que décider à la place, reste ce qui produit les entrées les plus sereines, et je le constate dossier après dossier.

Chez Place des Aînés, nous aidons les familles à s'y retrouver entre le cadre légal et la réalité humaine : connaître ses droits, comprendre les mesures de protection, anticiper les démarches, et trouver l'équilibre entre le besoin de soin et la volonté de la personne. Les solutions disponibles sont dans notre annuaire, et le maintien à domicile reste une option à part entière, présentée sur notre page dédiée.

Questions fréquentes

Mes parents peuvent-ils être admis contre leur volonté ?

Non. Aucune admission en maison de retraite ne peut être imposée à une personne capable d'exprimer sa volonté. Si elle refuse, la décision ne peut pas être prise à sa place, y compris par ses enfants. Seule une mesure de protection judiciaire modifie cette règle, et elle relève du juge.

La personne de confiance peut-elle signer l'admission ?

Non. Son rôle est de transmettre les volontés de la personne quand celle-ci ne peut plus s'exprimer. Elle n'a aucun pouvoir de décision ni de signature. Cette confusion est fréquente et mérite d'être levée dès le premier rendez-vous avec l'établissement.

Que faire si mon parent a des troubles cognitifs sans être sous tutelle ?

Son accord doit être recherché malgré tout, et son degré de compréhension évalué au cas par cas par l'équipe médicale. Si la capacité à consentir n'est plus là, une mesure de protection peut être demandée au juge des contentieux de la protection. Elle prend du temps, ce qui plaide encore pour anticiper.

Le consentement doit-il être écrit ?

Oui, l'accord se matérialise par la signature du contrat de séjour. Quand la personne peut signer, c'est elle qui signe. Le représentant légal ne se substitue à elle que dans le cadre fixé par la mesure de protection.

Contact : 07.83.59.98.25, ou décrivez votre situation en quelques minutes sur notre formulaire famille.

Notre accompagnement est sans frais pour les familles. Vous pouvez aussi parcourir les établissements de votre secteur.

Sources : Code de l'action sociale et des familles, article L.311-3 · Code de la santé publique, article L.1111-6 · service-public.fr · DREES · CNSA · Défenseur des droits.