D’après l’expérience de Yanis BELHAJ, fondateur de Place des Aînés. Mis à jour le 20 septembre 2026.
Une unité protégée, que le portail officiel appelle unité de vie protégée, est un petit service à l’intérieur d’une maison de retraite, de dix à vingt résidents, conçu pour des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée qui présentent des troubles modérés du comportement. On y habite. L’espace est sécurisé pour que l’on puisse y marcher sans se perdre, et l’équipe est formée à ces troubles. Elle se distingue du PASA, où l’on passe seulement la journée, et de l’UHR, réservée aux troubles sévères.
En France, 1,4 million de personnes vivent avec la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée, d’après la stratégie nationale publiée par le gouvernement en 2025, et l’on compte 225 000 nouveaux cas par an. Le mot qui effraie le plus les familles, à ce sujet, est « fermé ».
1. Trois dispositifs que tout le monde confond
L’unité de vie protégée. Votre parent y a sa chambre. Les chambres donnent sur une salle commune où se prennent les repas et où se déroulent les activités. L’architecture est pensée pour apaiser, en particulier les personnes qui marchent beaucoup : elle permet de marcher sans se perdre. Elle s’adresse à des personnes dont la maladie est diagnostiquée et dont les troubles du comportement sont modérés.
Le PASA, pôle d’activités et de soins adaptés. C’est un lieu de jour à l’intérieur de l’EHPAD. Votre parent garde sa chambre habituelle dans l’établissement, et rejoint le PASA une ou plusieurs journées par semaine, en petit groupe, pour des activités construites par un ergothérapeute ou un psychomotricien, avec un psychologue et des assistants de soins en gérontologie. Il doit être d’accord pour y participer. La stratégie nationale 2025-2030 prévoit d’en ouvrir un dans chaque EHPAD.
L’UHR, unité d’hébergement renforcée. On y habite aussi, à quatorze résidents en moyenne, mais elle est réservée à des troubles sévères du comportement, qui mettent en jeu la sécurité ou la qualité de vie de la personne. L’équipe y est renforcée, y compris la nuit.
Pour les personnes qui vivent encore chez elles, l’accueil de jour joue un rôle voisin du PASA, une à plusieurs journées par semaine. Nous en parlons dans hébergement temporaire et accueil de jour.
2. Tous les résidents atteints de la maladie ne vont pas en unité protégée
C’est le malentendu le plus fréquent. D’après la même stratégie nationale, 70 à 80 % des résidents d’EHPAD présentent des troubles de la mémoire et du raisonnement. La grande majorité vit dans les étages ordinaires de la maison de retraite.
L’unité protégée répond à une situation plus précise : une personne qui sort et ne retrouve pas son chemin, qui déambule une partie de la nuit, qui s’angoisse dans les grands espaces ou le bruit, et pour qui un cadre petit, stable et sécurisé est un soulagement. Ce n’est pas une sanction ni un étage « pour les cas difficiles ». Bien conçue, c’est un endroit où l’on peut bouger librement.
3. Qui décide de l’entrée
L’admission dans un EHPAD est prononcée par le directeur, après l’avis du médecin coordonnateur, qui vérifie que l’état de santé de la personne est compatible avec ce que l’établissement sait faire. Le portail officiel ne donne pas de critères d’entrée chiffrés en unité protégée : chaque établissement les définit dans son projet. C’est donc une question à poser telle quelle.
Ce n’est ni à la famille ni à nous d’estimer si votre parent relève d’une telle unité. C’est au médecin traitant, à la consultation mémoire qui le suit, et au médecin coordonnateur de l’établissement d’en discuter, sur la base du dossier médical.
4. « Fermé » ne veut pas dire sans droits
La loi garantit à toute personne accueillie en établissement le droit d’aller et venir librement, et son consentement doit être recherché, y compris quand la maladie rend la conversation difficile.
Quand des mesures limitent cette liberté, par exemple une porte à code, elles doivent suivre une procédure précise. Elles sont décidées après examen du résident, de façon collégiale, à l’initiative du médecin coordonnateur. Elles doivent être nécessaires et proportionnées au risque. Elles sont écrites dans une annexe au contrat de séjour, que votre parent peut discuter avec sa personne de confiance, refuser en tout ou partie, et qui se révise. Demandez à la voir.
Une bonne unité protégée se reconnaît à ce qu’elle ouvre, pas à ce qu’elle ferme : le jardin accessible toute la journée, les sorties accompagnées, les familles qui entrent librement. Depuis la loi du 8 avril 2024, un résident peut recevoir chaque jour qui il veut, sans que l’établissement ait à être prévenu. Sur le consentement, voyez qui peut donner son consentement pour une admission en maison de retraite.
5. Les questions à poser lors de la visite
- Combien de résidents vivent dans l’unité, et combien de professionnels sont présents le matin, l’après-midi, la nuit ?
- L’équipe est-elle dédiée à l’unité, ou tourne-t-elle dans tout l’établissement ? La stabilité des visages compte beaucoup.
- Quelle formation le personnel a-t-il reçue ? Y a-t-il des assistants de soins en gérontologie, un psychologue, un ergothérapeute ou un psychomotricien ?
- Le jardin est-il accessible librement, toute la journée ?
- Que propose-t-on à quelqu’un qui marche la nuit ?
- Comment se passent les repas pour une personne qui ne tient pas assise ?
- À quoi ressemble une journée, heure par heure ? Demandez le planning affiché.
- Si l’état de mon parent évolue, reste-t-il dans l’unité ? Qui en décide, et suis-je consulté ?
- Puis-je venir quand je veux, déjeuner avec lui, l’emmener dehors ?
Puis regardez. Des résidents qui marchent sans qu’on les rassoie, des portes de chambre personnalisées avec une photo, du personnel assis à côté des personnes plutôt que debout derrière un chariot : ce sont des signes qui ne figurent sur aucune brochure. Notre méthode de visite est détaillée dans visite d’une maison de retraite : que regarder, et quelles questions poser.
6. Le prix
Les soins ne sont pas facturés au résident : ils sont financés par l’Assurance maladie. Vous payez l’hébergement et la dépendance, comme dans le reste de l’établissement. Le tarif d’hébergement peut être différent en unité protégée. Aucun organisme public ne publie de chiffre de référence sur cet écart : les montants que l’on lit en ligne ne sont pas sourcés. Le seul prix fiable se lit sur la fiche de l’établissement dans l’annuaire officiel et dans le contrat de séjour. Demandez un devis pour l’unité, pas le tarif général.
En Île-de-France, les écarts entre établissements sont considérables, nous l’expliquons dans pourquoi les prix varient autant d’un EHPAD à l’autre. L’annuaire de pour-les-personnes-agees.gouv.fr permet de filtrer les établissements qui disposent d’une unité Alzheimer, d’un PASA ou d’une UHR. Sur notre site, plusieurs fiches mentionnent un accompagnement de la maladie d’Alzheimer, par exemple Le Clos d’Étréchy (91), Les Roses, à Pontault-Combault (77) et Brune, à Paris. Faites-vous confirmer par chaque établissement le fonctionnement de son unité.
Ce que Place des Aînés peut faire pour vous
Place des Aînés accompagne gratuitement les familles d’Île-de-France qui cherchent un lieu de vie pour un proche âgé. Nous ne posons aucun diagnostic et nous ne remplaçons aucun médecin. Nous savons quels établissements de votre secteur disposent d’une unité protégée, nous allons les voir, et nous organisons les visites avec vous. Si vous vous épuisez à tenir à la maison, lisez aussi comment accompagner un parent âgé sans s’épuiser. La décision reste la vôtre et, autant qu’il peut l’exprimer, celle de votre parent.
Contact : 07.83.59.98.25, ou décrivez votre situation en quelques minutes sur notre formulaire famille.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une unité protégée Alzheimer en EHPAD ?
Un petit service de dix à vingt résidents à l’intérieur d’une maison de retraite, avec des chambres autour d’une salle commune, un espace sécurisé où l’on peut marcher sans se perdre, et une équipe formée aux troubles liés à la maladie d’Alzheimer et aux maladies apparentées.
Quelle différence entre PASA, UHR et unité de vie protégée ?
Au PASA, on passe la journée et l’on dort dans sa chambre habituelle de l’EHPAD. En unité de vie protégée, on habite, avec des troubles modérés. En UHR, on habite aussi, mais l’unité est réservée aux troubles sévères du comportement, avec une équipe renforcée jour et nuit.
Combien coûte une unité Alzheimer en maison de retraite ?
Le tarif d’hébergement peut différer de celui du reste de l’établissement, mais aucun chiffre officiel n’existe sur cet écart. Les soins ne sont pas facturés. Demandez un devis propre à l’unité, et comparez sur l’annuaire officiel.
Peut-on sortir d’une unité protégée ?
Le droit d’aller et venir est inscrit dans la loi, et toute restriction doit être nécessaire, proportionnée, décidée de façon collégiale et écrite dans une annexe au contrat de séjour. Demandez comment s’organisent les sorties accompagnées.
Quand envisager une unité protégée pour un parent ?
C’est une discussion à avoir avec son médecin traitant et la consultation mémoire qui le suit. Le portail officiel la destine aux personnes dont la maladie est diagnostiquée et qui présentent des troubles modérés du comportement, par exemple une déambulation.
Sources : pour-les-personnes-agees.gouv.fr · Stratégie nationale maladies neurodégénératives 2025-2030 · Haute Autorité de santé · Code de l’action sociale et des familles, articles L.311-3, L.311-4-1, D.312-155-0-1, D.312-155-0-2 et D.312-158 · loi n° 2024-317 du 8 avril 2024.
