D’après l’expérience de Yanis BELHAJ, fondateur de Place des Aînés. Mis à jour le 6 octobre 2026.
Le résumé en 2 minutes
- Un EHPAD a trois tarifs : l’hébergement, la dépendance et les soins. Pour un établissement privé non habilité à l’aide sociale, seul l’hébergement est fixé librement, à l’entrée du résident.
- Les écarts de prix viennent du statut, de la taille et de la localisation des établissements, d’après la CNSA.
- En 2024, selon la CNSA, une chambre seule coûte en moyenne 2 921 € par mois à Paris dans un EHPAD habilité à l’aide sociale et 5 106 € dans un EHPAD qui ne l’est pas, hébergement et dépendance des GIR 5 et 6 compris, avant aides.
- Le prix affiché n’est pas le prix payé : le reste à charge dépend des aides, donc des ressources et de l’habilitation de l’établissement.
- Pour comparer : l’autonomie d’abord, puis le budget net, le secteur, et trois ou quatre établissements.
Les prix varient parce qu’un EHPAD, ce que l’on appelle encore couramment une maison de retraite, propose trois prestations, chacune avec son tarif : l’hébergement, la dépendance et les soins. Pour les établissements privés non habilités à l’aide sociale, seul l’hébergement est fixé librement, à l’entrée du résident ; sa hausse annuelle est ensuite encadrée. Son prix varie avec le statut de l’établissement et son emplacement.
Deux maisons de retraite qui affichent le même tarif peuvent laisser un reste à charge différent une fois les aides calculées, parce que les aides dépendent notamment des ressources de la personne et de l’habilitation de l’établissement à l’aide sociale. Le prix affiché n’est donc pas le prix payé.
Trois tarifs, et un seul est vraiment libre
Le tarif hébergement couvre la chambre, les repas, l’entretien et l’animation. C’est la seule part que l’établissement fixe librement quand il n’est pas habilité à l’aide sociale.
Le tarif dépendance est fixé par le département. Il dépend du GIR de votre proche, c’est-à-dire de son niveau d’autonomie. L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) en prend une partie en charge pour les GIR 1 à 4.
Les soins sont financés par l’Assurance maladie et n’apparaissent pas sur votre facture.
Service-Public décrit ces trois tarifs. Quand vous comparez deux établissements, comparez donc l’hébergement, pas le total affiché. Sur chaque fiche d’établissement de notre site, le tarif indiqué est le point de départ mensuel. Le tarif exact dépend de la chambre et du GIR : nous le vérifions avec l’établissement pour vous.
Le statut de l’établissement pèse lourd
Maison de retraite publique hospitalière, publique non hospitalière, privée associative ou privée commerciale : chaque statut a ses logiques de financement et de gestion.
En France, 24 % des EHPAD sont privés à but lucratif, aussi appelés commerciaux, selon la DREES (étude de septembre 2025, données 2022). En 2024, la CNSA relève un prix moyen national d’hébergement de 66 € par jour pour les chambres seules habilitées à l’aide sociale, contre 98,25 € pour les autres. Ces écarts s’expliquent par le statut, la taille et la localisation des établissements.
Le prix seul ne renseigne pas sur la qualité de l’accompagnement. Il faut regarder les deux séparément.
Le code postal pèse aussi dans le prix
En 2024, selon la CNSA, les prix moyens d’une chambre seule en région parisienne figurent parmi les plus élevés de France métropolitaine. Elle coûte en moyenne 2 921 € par mois à Paris et 2 475 € dans le Val-de-Marne dans un EHPAD habilité à l’aide sociale, et 5 106 € à Paris et 3 890 € dans les Yvelines dans un EHPAD qui ne l’est pas. Ces prix comprennent l’hébergement et le tarif dépendance des GIR 5 et 6, avant aides.
Élargir la recherche de vingt minutes en voiture peut changer le budget. C’est un arbitrage à poser tôt, parce qu’il touche à la fréquence des visites, et les visites comptent autant que le reste.
Vous pouvez comparer département par département depuis la recherche d’établissement, par exemple Le Clos d’Étréchy et le Domaine de la Chalouette en Essonne, ou Les Tisserins à Évry-Courcouronnes. Nous vérifions le tarif avec l’établissement pour vous. Vous pouvez aussi demander à l’établissement sa grille de prix par écrit.
Les aides changent le calcul, parfois du tout au tout
L’aide sociale à l’hébergement (ASH) est versée par le département. Quand l’établissement est habilité à l’aide sociale et que les ressources de la personne le justifient, elle peut réduire fortement le reste à charge. Le détail est dans notre article sur l’aide sociale à l’hébergement.
S’y ajoutent l’APA pour la dépendance, une aide au logement pour l’hébergement (l’aide personnalisée au logement, APL, ou l’allocation de logement sociale, ALS, selon l’établissement), et une réduction d’impôt sur les frais de séjour. Cette réduction n’est pas un crédit d’impôt : sans impôt à payer, elle ne rapporte rien.
Le calcul de l’ASH, de l’APA et des aides au logement part des ressources de la personne, pension de retraite comprise. Le détail des dispositifs, avec les conditions et les interlocuteurs, est dans notre article sur les aides financières. Notre simulateur d’aides et de reste à charge permet d’estimer ce qui resterait à payer.
Quand la maison de retraite n’est pas la bonne réponse
Selon l’autonomie de la personne, le besoin peut relever d’un EHPAD, d’une résidence seniors, d’un habitat partagé ou d’un maintien à domicile renforcé, pour un budget très différent.
La bonne solution dépend d’abord du degré d’autonomie de votre proche, pas de ce qui se trouve à côté de chez vous. C’est ce que mesure la grille AGGIR, qui classe l’autonomie en six niveaux, de GIR 1 pour une dépendance lourde à GIR 6 pour une autonomie conservée. L’EHPAD s’adresse aux personnes en perte d’autonomie qui ont besoin de soins. Une personne classée en GIR 5 ou 6, encore autonome, peut regarder du côté d’une résidence seniors, que le secteur appelle aussi résidence services seniors : un logement privé, avec des services et de la vie sociale. L’Orée de Vincennes, à Saint-Mandé, est une résidence avec services pour seniors, selon sa fiche. Nous vérifions ses prestations avec elle pour vous. À l’inverse, une personne classée en GIR 1 ou 2 a besoin d’une aide importante d’un tiers dans les actes de la vie quotidienne, et un établissement médicalisé comme l’EHPAD est alors l’une des solutions.
L’habitat partagé accueille un petit groupe de personnes. Chez Jeannette, à Paris 9e, est un habitat partagé de 9 chambres, selon sa fiche. Nous vérifions ses prestations avec la maison pour vous. Les différences entre ces solutions sont détaillées dans EHPAD, résidence seniors, habitat partagé : quelles différences ?, et les options de maintien à domicile sur notre page dédiée. Si vous en êtes au tout début, que faire quand un parent ne peut plus rester seul chez lui reprend la question depuis le commencement.
Comparer sans se perdre
On peut comparer dans cet ordre.
D’abord le degré d’autonomie, parce qu’il détermine le type d’établissement et donc la fourchette de prix. Ensuite le budget net, aides déduites, pas le tarif affiché. Ensuite le périmètre géographique réaliste, celui qui permet des visites fréquentes. Ensuite seulement la sélection de maisons de retraite, trois ou quatre, pas quinze. Puis une visite ciblée, avec des questions préparées sur ce qui est inclus et ce qui est facturé en plus.
Les familles gardent le dernier mot à chaque étape. Nous regardons la situation avant de proposer un lieu, et la décision reste la leur. La méthode complète est décrite dans comment trouver une solution senior en Île-de-France.
Questions fréquentes
Quel est le prix moyen d’une maison de retraite en Île-de-France ?
En 2024, selon la CNSA, une chambre seule coûte en moyenne 2 921 € par mois à Paris dans un EHPAD habilité à l’aide sociale, et 5 106 € dans un EHPAD qui ne l’est pas, avant aides. Le montant qui compte reste le reste à charge après aides, propre à chaque situation.
L’aide sociale à l’hébergement peut-elle réduire la facture ?
Oui, quand l’établissement est habilité et que les ressources de la personne le justifient, l’ASH peut réduire fortement le reste à charge. Le département peut récupérer les sommes versées sur la succession de la personne à son décès, et de son vivant dans certains cas : mieux vaut le savoir avant de déposer le dossier.
Faut-il choisir l’établissement le moins cher ?
Pas forcément. Il faut trouver un équilibre entre l’accompagnement au quotidien, la proximité qui permet des visites régulières et un reste à charge que la famille peut tenir dans la durée. Annoncez dès le départ le montant mensuel que vous pouvez payer, aides comprises, et cherchez dans cette limite, en gardant une marge : le prix hébergement est réévalué chaque année.
Place des Aînés accompagne gratuitement les familles et les aidants d’Île-de-France dans leur recherche d’un hébergement senior ou d’une aide à domicile pour un proche âgé.
Contact : 07 83 59 98 25, ou décrivez votre situation en quelques minutes sur notre formulaire famille.
Vous dirigez un établissement ou un groupe et vous souhaitez recevoir des demandes qualifiées ? Écrivez-nous sur notre formulaire établissement.
Sources : Service-Public (EHPAD, APA, ASH) · Portail national pour les personnes âgées (comprendre sa facture en EHPAD, réduction d’impôt, grille AGGIR) · DREES, Études et Résultats n° 1346 (septembre 2025) · CNSA, Repères statistiques n° 27 (mars 2026).
