D'après l'expérience de Yanis BELHAJ, fondateur de Place des Aînés. Mis à jour le 8 août 2026.
Les prix varient parce qu'un EHPAD, ce que l'on appelle encore couramment une maison de retraite, ne facture pas une prestation unique mais trois choses distinctes : l'hébergement, la dépendance et les soins. Seul l'hébergement est libre pour les établissements privés non habilités à l'aide sociale, et c'est lui qui creuse les écarts, avec le statut de l'établissement et son emplacement.
Je le vois à chaque dossier de famille : deux maisons de retraite affichant le même tarif brut peuvent laisser un reste à charge du simple au double une fois les aides calculées. Le prix affiché n'est donc jamais le prix payé, et c'est la première chose que je remets à plat avec les familles.
Trois lignes sur la facture, et une seule est vraiment libre
Le tarif hébergement couvre la chambre, les repas, l'entretien et l'animation. C'est la part la plus lourde, et la seule que l'établissement fixe librement quand il n'est pas habilité à l'aide sociale.
Le tarif dépendance dépend du GIR de votre proche, de 1 à 6. Il est encadré par le département, et l'APA en prend une partie en charge pour les GIR 1 à 4.
Les soins sont financés par l'Assurance maladie et n'apparaissent pas sur votre facture.
Cette décomposition en trois tarifs est celle que décrit le service public pour les EHPAD. Quand vous comparez deux établissements, comparez donc l'hébergement, pas le total affiché. Sur chaque fiche de notre annuaire, le tarif indiqué est le point de départ mensuel, à confirmer auprès de l'établissement selon la chambre et le GIR.
Le statut de l'établissement pèse lourd
Maison de retraite publique hospitalière, publique non hospitalière, privée associative ou privée commerciale : chaque statut a ses logiques de financement et de gestion.
Les EHPAD privés commerciaux représentent 24 % des établissements, dont 56 % appartiennent à cinq grands groupes nationaux. Ils affichent des prix plus élevés que les publics et les associatifs, surtout quand les places ne sont pas habilitées à l'aide sociale. Les grands groupes concentrent 13 % des EHPAD et 14 % des lits, avec des tarifs autour de 98 € par nuit contre 89 € pour les indépendants. Ces ordres de grandeur viennent des travaux de la DREES, qui publie régulièrement l'état des lieux du secteur.
Cela ne veut pas dire qu'un établissement associatif conviendra mieux qu'un établissement commercial. Cela veut dire que le prix seul ne dit rien de la qualité de l'accompagnement, et qu'il faut regarder les deux séparément.
Le code postal, souvent le premier facteur
En Île-de-France, l'hébergement dépasse fréquemment 100 € par nuit : foncier cher, salaires élevés, demande forte. Dans le Centre-Val de Loire ou le Nord-Ouest, on descend autour de 60 € par jour, avec une offre plus abondante et davantage de places habilitées à l'aide sociale.
À l'intérieur même de l'Île-de-France, les écarts sont considérables d'un département à l'autre. Élargir la recherche de vingt minutes en voiture change souvent le budget plus sûrement que n'importe quelle négociation. C'est un arbitrage à poser tôt, parce qu'il touche à la fréquence des visites, et les visites comptent autant que le reste.
Vous pouvez comparer département par département depuis la recherche d'établissement, par exemple Le Clos d'Étréchy et le Domaine de la Chalouette en Essonne, ou Les Tisserins à Évry-Courcouronnes. L'État met aussi à disposition un annuaire national des EHPAD et maisons de retraite, utile pour recouper les tarifs déclarés.
Les aides changent le calcul, parfois du tout au tout
L'aide sociale à l'hébergement, l'ASH, est le levier le plus puissant. Quand l'établissement est habilité et que les ressources le permettent, elle divise le reste à charge par deux à trois.
S'y ajoutent l'APA pour la dépendance, l'APL pour le logement, et une réduction d'impôt sur les frais de séjour, à ne pas confondre avec un crédit d'impôt : sans impôt à payer, la réduction ne rapporte rien. Certaines caisses de retraite complémentaire proposent en plus des aides ponctuelles au titre de leur action sociale, à demander directement auprès d'elles.
Le calcul se fait toujours à partir des ressources réelles de la personne, pension de retraite comprise. Deux établissements au même tarif brut peuvent ainsi laisser 1 500 € ou 3 000 € par mois à votre charge. Le détail des dispositifs, avec les conditions et les interlocuteurs, est dans notre article sur les aides financières.
Et si la maison de retraite n'était pas la bonne réponse
Beaucoup de familles arrivent en pensant EHPAD parce que c'est le mot qu'elles connaissent, ou maison de retraite. Dans une partie des dossiers, le besoin réel relève d'une résidence senior, d'un habitat partagé ou d'un maintien à domicile renforcé, pour un budget très différent.
La bonne solution dépend d'abord du degré d'autonomie de votre proche, pas de ce qui se trouve à côté de chez vous. C'est ce que mesure la grille AGGIR, qui classe l'autonomie en six niveaux, de GIR 1 pour une dépendance lourde à GIR 6 pour une autonomie conservée. Un GIR 5 ou 6 n'a pas sa place en EHPAD : une résidence senior, que le secteur appelle aussi résidence services seniors, conviendra mieux à des jeunes retraités autonomes qui cherchent surtout de la sécurité et de la vie sociale, comme L'Orée de Vincennes à Saint-Mandé. À l'inverse, un GIR 1 ou 2 avec des troubles cognitifs demande un accompagnement médicalisé permanent.
Entre les deux, l'habitat partagé accueille un petit groupe avec une présence continue, comme Chez Jeannette à Paris 9e. Les différences entre ces solutions sont détaillées dans EHPAD, résidence senior, habitat partagé : quelles différences ?, et les options de maintien à domicile sur notre page dédiée. Si vous en êtes au tout début, que faire quand un parent ne peut plus rester seul chez lui reprend la question depuis le commencement.
Ma méthode pour comparer sans se perdre
Je procède toujours dans cet ordre, et il évite la plupart des mauvaises surprises.
D'abord le degré d'autonomie, parce qu'il détermine le type d'établissement et donc la fourchette de prix. Ensuite le budget net, aides déduites, pas le tarif affiché. Ensuite le périmètre géographique réaliste, celui qui permet des visites fréquentes. Ensuite seulement la sélection de maisons de retraite, trois ou quatre, pas quinze. Puis une visite ciblée, avec des questions préparées sur ce qui est inclus et ce qui est facturé en plus.
Les familles gardent le dernier mot à chaque étape. Mon rôle est de leur donner des points de comparaison fiables, pas de choisir à leur place. C'est aussi ce qui explique notre façon de travailler, et la méthode complète est décrite dans comment trouver une solution senior en Île-de-France.
Questions fréquentes
Quel est le prix moyen d'une maison de retraite en Île-de-France ?
L'hébergement dépasse fréquemment 100 € par nuit en Île-de-France, contre environ 60 € par jour dans des régions à l'offre plus abondante. À cela s'ajoute le tarif dépendance, partiellement couvert par l'APA pour les GIR 1 à 4. Le montant qui compte reste le reste à charge après aides, propre à chaque situation.
Pourquoi deux EHPAD voisins n'ont-ils pas le même tarif ?
Parce que le statut de la maison de retraite, son habilitation à l'aide sociale, l'ancienneté du bâtiment et le niveau de services diffèrent. Une chambre individuelle, un jardin thérapeutique ou une unité protégée se répercutent sur le tarif hébergement, seul poste réellement libre pour les établissements non habilités.
L'aide sociale à l'hébergement peut-elle vraiment diviser la facture ?
Oui, quand l'établissement est habilité et que les ressources de la personne le justifient, l'ASH réduit fortement le reste à charge. Elle est attribuée par le département et peut faire l'objet d'une récupération sur la succession, ce qu'il vaut mieux savoir avant de déposer le dossier.
Faut-il choisir l'établissement le moins cher ?
L'objectif n'est pas le tarif le plus bas, mais un équilibre tenable entre la qualité de l'accompagnement au quotidien, la proximité qui permet des visites régulières et un reste à charge soutenable dans la durée. Bien sûr, cela dépend aussi de votre budget, et il n'y a pas de bon choix qui mette la famille en difficulté financière : un budget trop tendu se paie souvent d'un déménagement quelques mois plus tard. Mieux vaut annoncer d'emblée le montant que vous pouvez tenir chaque mois, aides comprises, et chercher à l'intérieur de cette limite.
Contact : 07.83.59.98.25, ou décrivez votre situation en quelques minutes sur notre formulaire famille.
Notre accompagnement est sans frais pour les familles. Vous pouvez aussi parcourir les établissements de votre secteur.
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