D’après l’expérience de Yanis BELHAJ, fondateur de Place des Aînés. Mis à jour le 6 octobre 2026.
Le résumé en 2 minutes
- Quatre aides peuvent se cumuler, selon la situation : l’APA pour la dépendance, l’ASH pour l’hébergement, les aides au logement et une réduction d’impôt sur les frais de séjour.
- En 2024, selon la CNSA, une chambre seule en EHPAD coûte en moyenne 2 164 € par mois dans un établissement habilité à l’aide sociale et 3 128 € dans les autres, hébergement et dépendance des GIR 5 et 6 compris, avant aides.
- En établissement, l’APA est due à partir du dépôt du dossier complet ; l’ASH ne remonte à l’entrée que si le dossier est déposé dans les deux mois.
- L’ASH suppose en principe un établissement habilité à l’aide sociale, et le département peut la récupérer du vivant de la personne ou sur sa succession.
- La réduction d’impôt est de 25 % des dépenses, jusqu’à 2 500 € par an et par personne hébergée, et elle est limitée à l’impôt dû : le surplus n’est pas remboursé.
Quatre aides peuvent se cumuler : l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) pour la dépendance, l’aide sociale à l’hébergement (ASH) pour l’hébergement, les aides au logement, et une réduction d’impôt sur les frais de séjour. Selon les ressources de la personne et l’établissement, elles peuvent réduire fortement le reste à charge, à condition d’être demandées dans les bons délais.
Beaucoup d’aides existent. Elles doivent être demandées à temps, et certaines ne s’appliquent que dans un établissement qui y ouvre droit.
Ce que coûte réellement un hébergement
En EHPAD, c’est-à-dire en maison de retraite médicalisée, une chambre seule coûte en moyenne 2 164 € par mois dans un établissement habilité à l’aide sociale et 3 128 € dans les autres, selon la CNSA (moyennes nationales 2024, hébergement et tarif dépendance le plus bas compris, avant aides). Les prix sont plus élevés en Île-de-France. Pour une résidence seniors ou une résidence autonomie, le tarif varie selon la ville et les services : nous le vérifions avec la résidence pour vous.
Le détail de ce qui compose ces tarifs, et les raisons des écarts, est dans pourquoi les prix varient autant d’un EHPAD à l’autre. Retenez surtout que le tarif affiché n’est pas ce que vous paierez.
L’APA, le socle
L’allocation personnalisée d’autonomie finance la part dépendance. Elle s’adresse aux personnes de 60 ans et plus classées en GIR 1 à 4 sur la grille AGGIR, qui mesure l’autonomie de GIR 1, dépendance lourde, à GIR 6, autonomie conservée.
En établissement, elle est versée directement à la structure, ou sur demande à la personne. La direction de l’établissement indique la démarche et peut aider. Le département répond dans les deux mois qui suivent la réception du dossier complet. L’APA est due à partir du dépôt du dossier complet : mieux vaut ne pas attendre.
L’ASH, une aide à connaître avant de choisir
L’aide sociale à l’hébergement prend en charge une partie du coût de l’hébergement pour les personnes aux ressources limitées. Elle s’adresse aux personnes de plus de 65 ans, ou de plus de 60 ans reconnues inaptes au travail. En général, elle laisse à la personne au moins 10 % de ses revenus, et jamais moins de 125 € par mois en 2026.
Deux conditions comptent. L’établissement doit être habilité à l’aide sociale, et tous ne le sont pas : c’est à vérifier avant de signer. Le dossier doit être déposé dans les deux mois qui suivent l’entrée pour que l’aide s’applique dès le premier jour. Au-delà, des mois peuvent ne pas être couverts.
Un point à connaître avant de déposer le dossier : le département peut récupérer les sommes versées, sur la succession de la personne à son décès, et de son vivant dans certains cas. Il vaut mieux en parler en famille au moment du dossier.
Le département peut aussi tenir compte des revenus des enfants, gendres et belles-filles, au titre de l’obligation alimentaire : l’obligation légale d’aider ses parents dans le besoin. Le détail est dans notre article sur l’aide sociale à l’hébergement.
Les aides au logement
L’aide personnalisée au logement (APL) ou l’allocation de logement sociale (ALS) s’appliquent selon les ressources et le type d’établissement : l’APL si l’établissement est conventionné, l’ALS sinon. Elles se demandent auprès de la caisse d’allocations familiales (CAF) ou de la Mutualité sociale agricole (MSA). L’APL est versée directement à l’établissement.
La réduction d’impôt : ce qu’elle est, et ce qu’elle n’est pas
Les frais d’hébergement et de dépendance ouvrent droit à une réduction d’impôt de 25 %, dans la limite de 10 000 € de dépenses par personne hébergée, soit 2 500 € maximum par an.
Une réduction d’impôt n’est pas un crédit d’impôt : elle ne s’applique que s’il y a un impôt à payer. Si son montant dépasse l’impôt, l’impôt est ramené à zéro et le surplus n’est pas remboursé ; sans impôt à payer, elle ne rapporte rien. Les personnes qui ont bénéficié de cette réduction reçoivent en janvier une avance égale à 60 % de la réduction accordée lors de la dernière déclaration, régularisée la même année lors du calcul de l’impôt. Deux précisions complètent le tableau : les frais d’hébergement seuls ne suffisent pas, ils doivent s’accompagner de frais de dépendance ; et les aides perçues, APA, ASH et aide au logement, sont à déduire du montant déclaré.
Notre article sur les frais de dépendance explique la différence entre réduction et crédit d’impôt, et notre simulateur d’aides et de reste à charge permet d’estimer ce qui reste à payer.
Les aides qu’on oublie
L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA, qui a remplacé le minimum vieillesse) pour les revenus les plus modestes. Les caisses de retraite ont une action sociale, mais leurs aides ne s’ajoutent pas automatiquement à l’APA : le cumul se vérifie auprès de la caisse. Certains contrats de prévoyance peuvent aussi aider, sous conditions. Nos articles sur l’ASPA et sur les caisses de retraite et les CCAS détaillent les démarches.
Quatre erreurs à éviter
Déposer les dossiers après l’entrée : l’APA n’est due qu’à partir du dépôt du dossier complet, et l’ASH ne remonte à l’entrée que si le dossier est déposé dans les deux mois. Choisir sans le savoir un établissement non habilité à l’aide sociale, ce qui ferme en principe l’accès à l’ASH : après au moins cinq ans de séjour sans aide sociale, le département peut toutefois participer si la personne en a désormais besoin. Renoncer par avance en jugeant le tarif inaccessible, sans avoir fait le calcul net. Et compter sur la réduction d’impôt sans avoir d’impôt à payer.
L’ordre dans lequel procéder
D’abord faire le point sur le degré d’autonomie, puisqu’il conditionne l’APA. Ensuite vérifier l’habilitation à l’aide sociale des établissements envisagés, avant toute visite. Ensuite déposer APA et ASH en parallèle, sans attendre l’admission. Ensuite seulement comparer les établissements sur le reste à charge net, depuis notre recherche d’établissement.
Si le budget ne passe pas en EHPAD, examiner les alternatives avant de renoncer : résidence seniors, habitat partagé ou maintien à domicile, avec les solutions d’aide à domicile.
Questions fréquentes
Les aides peuvent-elles réduire fortement la facture ?
Pour les revenus modestes et dans un établissement habilité à l’aide sociale, oui : le cumul APA, ASH et aide au logement peut réduire fortement le reste à charge. Pour des revenus plus élevés ou dans un établissement non habilité, l’effet est bien moindre. Le calcul doit être fait sur votre situation : notre simulateur d’aides et de reste à charge permet de l’estimer.
L’ASH est-elle récupérée sur la succession ?
Oui, les sommes versées au titre de l’aide sociale à l’hébergement peuvent être récupérées sur la succession de la personne aidée, et de son vivant dans certains cas. À connaître avant de déposer le dossier et à évoquer en famille à ce moment-là.
Puis-je bénéficier de la réduction d’impôt si je ne paie pas d’impôt ?
Pas si vous n’avez aucun impôt à payer. C’est une réduction d’impôt et non un crédit d’impôt : elle ne s’applique que s’il y a un impôt à payer, et la part qui dépasse l’impôt n’est pas remboursée. Si vous avez un impôt, même faible, elle le diminue jusqu’à zéro.
Faut-il attendre l’entrée en établissement pour déposer les dossiers ?
Non. L’APA est due à partir du dépôt du dossier complet, et l’ASH ne remonte à l’entrée que si le dossier est déposé dans les deux mois. Déposez dès que la décision se dessine, quitte à ajuster ensuite.
Place des Aînés accompagne gratuitement les familles et les aidants d’Île-de-France dans leur recherche d’un hébergement senior ou d’une aide à domicile pour un proche âgé.
Contact : 07 83 59 98 25, ou décrivez votre situation en quelques minutes sur notre formulaire famille.
Vous dirigez un établissement ou un groupe et vous souhaitez recevoir des demandes qualifiées ? Écrivez-nous sur notre formulaire établissement.
Sources : Service-Public (APA, ASH, réduction d’impôt pour frais d’accueil liés à la dépendance) · Direction générale des Finances publiques · Portail national pour les personnes âgées · Code civil, articles 205 à 211 · CNSA, Repères statistiques n° 27 (mars 2026).
